La secrétaire d’un cabinet médical à Ramallah te dit de revenir mercredi. Le mot qu’elle utilise, c’est . Tu hoches la tête, et une demi-seconde plus tard, ça fait tilt : arba3a. C’est quatre. Elle veut te revoir le quatrième jour.
Voilà tout le secret de la semaine en arabe palestinien. Cinq des sept jours sont juste des nombres avec un chapeau. Si tu sais déjà compter de un à dix, tu as fait la plus grande partie du chemin avant même de commencer. (Les nombres, si tu en as besoin d’abord.)
Tu n’as donc pas sept mots au hasard devant toi. Tu en apprends deux, et les autres, tu les connais déjà.
La semaine commence le dimanche
Ça surprend beaucoup d’apprenants dès le premier jour. Ici, la semaine s’ouvre le dimanche. Le dimanche est le jour un. À partir de là, ça monte d’un nombre par jour jusqu’à cinq le jeudi. Ensuite on arrête de compter, et les deux derniers jours ont leur propre nom.
C’est pour ça que l’ensemble, les sept jours de , coûte si peu à mémoriser.
Les sept jours
| Jour | Palestinien | Le nombre derrière |
|---|---|---|
| dimanche | (un) | |
| lundi | (deux) | |
| mardi | (trois) | |
| mercredi | (quatre) | |
| jeudi | (cinq) | |
| vendredi | le rassemblement | |
| samedi | le jour de repos |
Le dimanche, il-7add, vient d’un vieux mot pour « un », cousin de waa7ad. Ensuite, les autres sont à peu près aussi littéraux qu’une langue peut l’être. Lundi, c’est « le deux », mardi « le trois », et ainsi de suite jusqu’au jeudi. Mardi et mercredi gardent le nombre presque intact (it-talaata, il-arba3a). Jeudi l’étire un peu : le cinq que tu comptes, c’est khamse, mais le jour, c’est il-khamees, avec un ee long. Assez proche pour que tu ne les confondes jamais.
Les deux qui ont leur propre nom
Vendredi et samedi sortent du décompte, et chacun a sa raison.
il-jum3a (vendredi) est construit sur la racine du rassemblement. C’est le jour de la grande prière en commun, quand le (la mosquée, même racine, l’endroit où les gens se rassemblent) se remplit. Vendredi, c’est donc mot pour mot « le rassemblement ».
is-sabt (samedi) est le jour de repos, le sabbat. C’est le même vieux mot qui se cache derrière le français « sabbat », et il n’a rien à voir avec les nombres.
Voici le piège à signaler. is-sabt ressemble un peu à (sept), mais ce sont deux mots différents, de racines différentes, et samedi ne veut pas dire « jour sept ». Vendredi ne veut pas dire « jour six » non plus. Tu n’entendras jamais (six) ou sab3a servir de nom de jour. Le décompte s’arrête à cinq, et les noms prennent le relais.
Dire « lundi » pour un rendez-vous
Pour fixer quelque chose à un jour, mets (jour) devant le nom du jour. C’est tout. Il n’y a pas de mot à part pour « le » ou « ce ».
- : lundi
- : jeudi
- : vendredi
Mets ça dans une phrase complète et il n’y a toujours pas de mot pour « est » à caser. il-maw3ad yowm it-tneen veut dire « le rendez-vous est lundi ». Trois mots, et aucun ne veut dire « est ». Tu les poses l’un à côté de l’autre, et c’est fini.
Le l qui disparaît
Tu remarqueras que le « le » du début n’est pas toujours il-. Lundi, c’est it-tneen, et pas il-tneen. Samedi, c’est is-sabt. Le l se fond dans la lettre suivante et la double au lieu d’être prononcé.
C’est la règle des lettres solaires, et les jours sont un bon endroit pour l’entendre à l’œuvre. Le t de lundi et de mardi et le s de samedi absorbent tous le l : dis et et tu le sentiras disparaître. Dimanche, mercredi, jeudi et vendredi gardent un l bien net, parce que 7, une voyelle, kh et j ne l’avalent pas.
Le rythme de la semaine
Comme la semaine s’ouvre le dimanche, c’est il-7add qui porte l’ambiance de début de semaine, celle du lundi matin en France. Et le jour où tout ralentit, c’est le vendredi. il-jum3a est le jour de congé pour la plupart des gens, le jour de la prière, quand les magasins baissent le rideau un moment autour de midi.
Donc si tu as besoin d’une administration, d’une banque ou d’un tampon de quelqu’un derrière un bureau, ne choisis pas yowm il-jum3a.